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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 09:13

Section prospective : rupture et innovation

 

 

 

Contribution SRADDET

 

Une stratégie d’aménagement difficile à caractériser

 

Notre Région est confrontée de façon simultanée à d’importantes transitions : sociales, démographiques, écologiques, technologiques et démocratiques.

Ce contexte impose à la fois une vision prospective, une approche transversale et des innovations en profondeurdans tous les domaines de l’action publique.

 

Le SRADDET bien qu’extrêmement diversifié et riche, demeure un document très technocratique et s’inscrit plus dans le prolongement des politiques déjà en place que dans une véritable rupture pourtant nécessaire.

 

Les problématiques abordées demeurent cloisonnées en silo.

 

Seuls des changements immédiats, volontaristes et profonds pourront infléchir les tendances de fond déjà en action et leurs conséquences humaines à moyen et long terme.

 

Une stratégie démographique palliative qui s’appuie sur des données insuffisamment précises

 

Du point de vue de la méthode

 

Il faut acquérir les éléments de méthode permettant aux territoires de construire des scenarii de projection démographiques fiabilisés à l’échelle des schémas de cohérence territoriale et en mesurer les conséquences en termes d’occupation de l’espace.

 

L’INSEE prévoit une baisse générale des jeunes et de la population active.

 

Une forte hausse des 65 ans et plus, notamment sur les territoires alpins et rhodaniens.

 

Un doublement des personnes de 75 ans ou plus (soit 1 million de plus de 75 ans d’ici 2050).

 

Face à la prévision de 0,2 % de croissance démographique à l’horizon 2050 par rapport à une moyenne nationale de 0,4 % la région propose de corriger ce scénario au fil de l’eau pour atteindre un taux moyen d’accroissement démographique de 0,4 % axé sur la population active et couplé à une hausse du taux d’activité de 2,3 % d’ici 2030.

 

• Quels seront les territoires les plus impactés?
• Quel sera le profil des habitants supplémentaires ?
• Quels besoins de services et d’équipements?
• Quelles réponses au phénomène de vieillissement ?

 

Comment maintenir les jeunes adultes sur le territoire ? Le SRADDET ne nous donne pas les réponses à ces questions.

 

Il n’identifie pas les déterminants à l’origine de la baisse de croissance démographique (0,2% à l’horizon 2050 pour 0,4% au niveau national).

 

Par ailleurs, il est pour le moins étonnant que le phénomène migratoire ne soit aucunement pris en compte dans les projections 2030/ 2050 notre région étant pourtant particulièrement concernée par les migrations de par sa situation géographique.

 

Du point de vue de l’occupation de l’espace

 

La Région Sud Paca est aux prises à un triple phénomène de littoralisation, de métropolisation et d’étalement urbain. La stratégie qui nous est proposée n’indique pas si elle va dans le sens d’un accompagnement de ces tendances ou si au contraire, elle est destinée à les contenir et comment ?

 

• Quel serait l’impact du scénario au fil de l’eau sur le territoire, son environnement, sa qualité de vie et son attractivité?

 

• Quel choix de modèle de développement ?

 

• Faut-il recentrer la population au cœur des zones urbaines ?

 

• Comment développer les infrastructures de transport et de communication pour favoriser les mobilités et réduire les inégalités d’accès aux services entre les territoires ?

 

• Quels projets innovants favorisant l’employabilité dans les territoires y compris le haut pays (culture de végétaux isolant dans les friches agricoles, filière bois, agritourisme, remise en forme, espaces de créativité ?…) ?

 

• La couverture numérique et téléphonie mobile ne doit-elle pas être considérée comme un droit garanti pour tous les territoires dans une région touristique comme la nôtre ?

 

• Faut-il imaginer la mise en place de plusieurs projets « villes du futur » afin d’absorber les afflux de population et d’éviter les phénomènes d’étalement urbain ?

 

• La consommation inquiétante du foncier agricole et naturel ne doit-elle pas être jugulée par des mesures volontaristes dont la région pourrait être à l’initiative (les besoins de logement et d’implantation de bâtiments et de réseaux étant alors satisfaits en priorité par une réutilisation des friches, la densification des espaces urbains et des compensations d’espaces ?

 

Le choix du cadre territorial d’application compliquera la mise en œuvre de ce schéma

 

Les échelles de déclinaison du SRADDET reposent sur le découpage de notre Région en 4 territoires (Alpin, Azuréen, Provençal, Rhodanien)Ce découpage n’a pas de réalité ni sur le plan du vécu, ni sur le plan institutionnel. Sa mise en œuvre exigera une instance de gouvernance supplémentaire dans un millefeuille territorial déjà fort complexe (6 départements, 22 EPCI dont 3 Métropoles!!!).

 

Ce sont les SCOT qui correspondent le mieux aux territoires de vie et qui devraient constituer les territoires infra du SRADDET car ils ont été conçus pour assurer la cohérence des politiques publiques et cette échelle de vie autorise une adaptation fine aux spécificités de nos territoires et un partenariat efficace.

 

Sur le plan territorial aucune référence n’est faite à l’aménagement du territoire maritime ni à l’interface terre-mer. Or cet espace est le siège d’enjeux très importants, enjeux présents et à venir dans de nombreux domaines économique, environnemental, énergétique, touristique, attractivité démographique, communications…

 

Une place trop modeste réservée à l’innovation

 

La généralisation d’expérimentations partenariales avec les territoires devrait encourager la coproduction d’innovations.

 

Un certain nombre de priorités mériteraient d’être affichées car rien ne permet de hiérarchiser les 66 objectifs proposés.

 

L’absence de chiffrage financier des objectifs proposés ne permet pas de mesurer le degré de réalisme du document qui nous est proposé.

 

La diffusion et l’accès à la R et D, qui est la clef du développement d’avenir, devraient être davantage encouragés en direction des petites et moyennes entreprises (industrielles, artisanales, commerciales,agricoles) sur l’ensemble du territoire.

Un schéma régional d’équipement de plateformes R et D favoriserait cette diffusion.

 

Un centre régional des formations du futur (avec des antennes territoriales) permettrait de mieux orienter et de préparer nos jeunes aux défis de l’avenir (outils numériques d’immersion pédagogique).

 

Il faut repenser l’implantation des services publics et services du quotidien

 

Redessiner l’implantation des services et équipements publics au regard de leur nature et de leur niveau de fonction et du temps maximum d’accessibilité (5min, 20 min, 40 min) réduirait considérablement les mobilités.

Il en est de même du retour à des espaces de production en ville ainsi que celui des centres de savoir (université).

 

La couverture à 100% de la téléphonie mobile et du haut débit sur la totalité du territoire s’impose (problème qui ne peut être résolu que sil existe une structure unique de gouvernance de ces réseaux afin d’être en situation de négocier la couverture des secteurs à faible densité de population avec les opérateurs).

Il est urgent d’imaginer un plan d’aménagement des villes au vieillissement.

 

Mise en place d’indicateurs de qualité de vie par et pour les citoyens dans les domaines les plus sensibles notamment sur le plan environnemental, des ressources naturelles, des paysages, des énergies, du transport.

 

C’est un scénario de rupture qui s’impose : celui d’une région « résiliente et proactive »

 

Le scénario que nous appelons de nos vœux s’il s’efforce de se nourrir de différents modèles esquissés par le SRADDET.

Celui d’une Smart Région métropolitaine, d’une Région durable, d’une Région connectée au monde et enfin d’une Région des territoires ». Il constitue cependant un scénario de rupture.

 

Celui d’une « Région résiliente et proactive ».

 

Une Région qui fait projet et cultive la qualité de vie de ses habitants dans le maintien des équilibres et de l’égalité entre ses territoires.

 

Une région qui sait jouer à la fois de l’ouverture sur le monde comme source de croissance et sur la proximité comme source de confiance et de solidarités naturelles.

 

Une Région qui affirme ses spécificités et son identité maritime.

 

Une région qui expérimente et innove dans tous les domaines.

 

Une Région qui protège et se donne les moyens d’observer et de prévenir les ruptures, les exclusions, les décrochages et les risques qu’ils soient naturels technologiques ou sociaux.

 

Une région efficiente qui évalue en permanence ses politiques.

 

Une Région volontaire dans le domaine des nouvelles énergies, dans la préservation et la valorisation de son patrimoine et de ses ressources naturelles.

 

Une Région qui fait le choix d’associer pleinement la société civile, tant dans le choix de ses actions, que dans leur mise en œuvre et leur évaluation.

 

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